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Consultant en Qualité de Vie au Travail et Bonheur au Travail, Olivier Hoeffel est le cofondateur de Novéquilibres, une équipe pluridisciplinaire au service des organisations qui veulent favoriser et valoriser la qualité de vie au travail.

Auteur du site Laqvt.fr ainsi que le site Les verbes du bonheur, j’ai le plaisir de l’avoir sur ce podcast pour échanger sur un sujet essentiel dans le monde de l’entreprise : celui de la bienveillance.

Nous évoquons notamment dans cet épisode les quatre principales dimensions qui selon lui permettent de développer une meilleure qualité de vie au travail et comment et pourquoi la bienveillance au travail est un enjeu crucial pour nos entreprises.

Il nous partage ses conseils précieux réveiller en chacun le pouvoir d’agir et passer à l’action devenir acteur du bien-être au travail

Pour compléter le podcast, je vous invite à lire cette introduction à la bienveillance écrite par Olivier.


Des risques psycho-sociaux au bien-être au travail

Quand Olivier a commencé à s’intéresser au sujet à l’époque, le concept de bien-être voir de bonheur au travail n’existait pas encore en France.

Suite à un diplôme universitaire sur la gestion des RPS (risques psycho-sociaux), il s’est aperçu qu’œuvrer sur les risques psycho-sociaux dans les organisations c’était très compliqué. Notamment car ces déséquilibres en entreprise étaient eux-mêmes des facteurs de RPS pour les acteurs eux-même, qui intervenaient bien souvent en urgence comme des pompiers pour éteindre le feu.

Lorsqu’il commence à creuser plus en amont le sujet à partir de 2008, il constate que l’on parle principalement des RPS pour les salariés mais pas du tout pour les managers et les dirigeants alors qu’au final tout le monde est concerné par ce sujet.

Définition de la santé selon l’OMS

Il se base sur la définition de la santé selon l’OMS pour évoquer les premiers pilliers d’une bonne qualité de vie au travail.

« La santé ça n’est pas une absence de maladie, c’est un état complet de bien-être physique, psychique et social »

Et c’est de ça dont a besoin dans l’organisation selon lui. C’est de s’intéresser à la santé telle qu’elle est annoncée par l’OMS, et lui donner aussi un lien avec la performance.

Il constate aussi que la terminologie la plus fédératrice sur ce sujet, c’est parler de QVT (Qualité de Vie au Travail). C’est d’ailleurs cette terminologie que les partenaires sociaux utilisent depuis 2012.

Pour lui, ce qui est central dans ce sujet de la qualité de vie au travail, c’est la question du travail bien fait.

Et ce qu’il faut viser, c’est un changement de paradigme avec des modes de travail plus contributifs et participatifs.

Je vous invite aussi à lire son article QVT et urgence climatique.
Il affirme que c’est une illusion de penser qu’on peut continuer à produire plus sans endommager l’empreinte écologique. Il faut arrêter de penser que l’on peut toujours faire plus, avec plus de profits car ça se fait le plus souvent au détriment des personnes.

Vers une qualité de vie globale

4 dimensions pour se sentir bien au travail

  • LA SANTE

LA QVT fait partie d’un ensemble plus vaste qui est la qualité de vie et cela sous entend donc avoir une bonne santé physique et psychique globale.
Avoir une harmonie entre sa sphère professionnelle et ses autres sphères de vie est essentiel.

Sur ce sujet, chacun y va de sa responsabilité.

  • LA RECONNAISSANCE

3 types de reconnaissance :
– La reconnaissance envers soi : Se reconnaître soi même dans ce qu’on fait
– La reconnaissance que l’on reçoit de ses pairs et de sa hiérarchie
– Celle que l’on donne : on a un rôle chacun important dans ce qu’on donne aussi aux autres

  • LES OBJECTIFS

Il est essentiel que tout un chacun puisse avoir des objectifs dans les organisations qui soient réalistes. On se retrouve bien souvent avec des objectifs de plus en plus élevés et des moyens de moins en moins importants. Ce qui est dommageable pour l’individu, et c’est là que se créé souvent les risques psychosociaux.

La difficulté dans les organisations c’est qu’on ne se donne pas le temps de réfléchir aux objectifs d’une entreprise de façon collective. On a tendance à imposer les objectifs et cela génère soit de la surchauffe parce qu’ils sont trop irréalistes, soit un état d’impuissance qui conduit à des états dépressifs, perte d’estime de soi, etc.

C’est pourquoi il est essentiel de s’approprier ses objectifs, apprendre à bien les dimensionner et les partager avec les autres.

  • LE RELATIONNEL

Le relationnel se perd beaucoup dans nos organisations du fait du manque de temps. Pourtant il est déterminant à qualité de vie au travail des personnes.

C’est ce sentiment de manque de temps qui fait qu’on a tendance à zapper des choses qui sont de l’ordre de la convivialité la plus simple et la plus essentiel, comme prendre un café avec un collaborateur le matin.

Il faut reprendre le temps d’accorder du temps à l’autre, au lien, à la relation.

LA BIENVEILLANCE

La bienveillance est un sujet qui anime particulièrement Olivier.

Il décompense le mot en deux : Bien-veillance => veiller au bien

D’abord, il ne faut pas assimiler le mot avec la complaisance ! Être trop gentil et ne pas être capable de dire les choses, ce n’est pas de la bienveillance ! On peut dire les choses, exprimer ses inquiétudes, ses contrariétés, exprimer un objectif ambitieux de façon bienveillante. On peut s’affirmer soi-même de façon bienveillante.

Ensuite, la question qui se pose, c’est que met-on derrière le mot bienveillance ? Quelle définition ?

Pour lui, la bienveillance réside dans notre attitude, nos actions, nos pensées avec l’intention de faire du bien dans ce que je fais.

Il faut sortir de schéma binaire ou la bienveillance est l’opposé de la malveillance. On fonctionne trop de façon dichotomique : bien/mal, gentil méchant, vie pro/vie perso, bienveillance/malveillance.

Il y a aussi l’absence de bienveillance dont il faut tenir compte, qui n’est pas neutre mais impacte négativement la qualité de vie au travail et quelques fois de façon encore pire que la malveillance.

Imaginez que personne ne vous fait de feedbacks sur votre travail. Ni positif, ni négatif… Qu’est ce que cela vous fait ressentir ?

On a besoin d’avoir des feedbacks pour se sentir utile. En n’en faisant pas, l’image que l’on renvoie, c’est « tu n’existe pas », « le travail que tu fais n’existe pas ». Quel est l’utilité et le sens de mon travail alors ?

Bienveillance = bienvenue

Le mot « bienvenue » représente selon lui ce que devrait être la qualité de vie au travail : Bienvenue à toi en tant qu’individu pour ton savoir être, tes compétences, tes connaissances, ta personnalité, pour toute l’énergie que tu donnes, pour la qualité de travail, etc.

La bienveillance, c’est reconnaître la richesse d’une personne.

La bienveillance, c’est être en capacité de donner les moyens aux personnes de se sentir bien et de bien faire leur travail.

Le principe de progrès : Ce qui fait se sentir bien c’est aussi le sentiment de progresser. La responsabilité d’un manager et de tout individu c’est d’être en capacité de faciliter la activité des équipes, de ses pairs. Et apporter du soutien dans l’activité et à la personne.

Toute personne qui contribue à un écosystème de travail, il faut le considérer comme un cadeau, une chance car elle va contribuer à la richesse de cette écosystème.

Aujourd’hui tout va tellement vite qu’on est plus dans l’appréciation des gens et du travail bien fait et à donner de la valeur à.

La bienveillance envers soi-même

Il faut même commencer par ça. On ne peut pas être bienveillant avec les autres si on ne l’est pas d’abord avec soi. Il ne faut pas faire l’erreur de s’oublier soi même, parce que le risque c’est de finir en burn-out.

Co-responsabilité et co-construction

La QVT est un droit pour chacun qu’on peut et que l’on doit réclamer !

C’est aussi un droit qu’on co-construit. Mais il faut jouer le jeu de part et d’autre. Il faut éviter ce mouvement de balancier où l’on dit tantôt que c’est la responsabilité des salariés, tantôt celle de l’organisation et du dirigeant. Le bien-être au travail c’est une co-responsabilité.

Et le Chief Happiness Officer dans tout ça ?

Olivier Hoeffel est ambivalent par rapport à la fonction de C.H.O.

Il lui semble que le C.H.O. agit davantage sur la périphérie du travail et la convivialité que sur le travail en lui-même, ce qui n’est pas suffisant.

Il est essentiel de toucher au cœur du travail. On a besoin de créer de la joie de vivre dans les organisations.

Qu’une personne comme le C.H.O. soit là pour animer c’est bien, mais il ne faut pas perdre de vue le cœur du travail.

Les conseils d’Olivier pour plus de bien-être dans le travail

1- N’attendez pas que les autres s’en occupe pour vous !

Regardez déjà ce que vous pouvez faire par vous même et regardez ce que le travail représente déjà dans votre vie.

2. Trouvez des relais

Même si vous êtes dans une organisation où le sujet n’est pas traité, impulsez le sujet et essayez de trouver des relais dans votre équipe pour faire vivre un écosystème bienveillant. C’est ça qui inspirera ensuite les autres. Il faut montrer que c’est possible et que ça marche !

3. Donnez vous du temps pour faire les choses

Ne tombez pas dans la pression du temps qui nous fait faire mal les choses.

SON APPEL : Réveillez votre pouvoir d’agir et passez à l’action !

Un grand merci à lui pour cet échange 🙂


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